Ma dernière journée à Séoul m'a fait découvrir un nouveau
palais, participé à une cérémonie traditionnelle et aller à un spectacle…
Partis dès 9 heures et demie, nous nous sommes d'abord dirigés vers le
sanctuaire royal Jongmyo, là où sont pieusement conservées les tablettes
en bois sensées être le siège de l'esprit des ancêtres, rois et reines de la
dynastie Joseon, pour constater que le Jongmyo Daeje, le premier
rite confucéen de vénération des ancêtres par les descendants des familles
royales n'avait pas lieu à 11 heures comme nous le pensions, mais à 13 heures
et que le second était programmé à 16 heures 30 ! Même en prévoyant d'être une
bonne heure à l'avance, nous avions pas mal de temps devant nous.
Nous nous sommes rendus à pied au palais Changdeokgung,
proche du sanctuaire, connu pour la beauté de ses bâtiments et surtout son
"Jardin secret" ("Biwon"). Nous y avons passé
deux bonnes heures. Le palais a été construit en 1405 comme deuxième palais de
la dynastie Joseon. Détruit pendant l'invasion japonaise de 1592-1598,
il a été reconstruit en 1610 et devint le palais principal. Après avoir fait
une bonne demi-heure de queue, nous avons franchi trois portails avant de
pénétrer dans la cour au fond de laquelle se dresse, imposant, Injeongjeon
Hall, le bâtiment du trône, utilisé pour les événements les plus
protocolaires, audiences des ministres ou des représentants étrangers,
couronnements. Donnant dans une autre cour, Seonjeongjeon Hall, où le
roi réunissait ses conseillers pour discuter des affaires du royaume, se
distingue des autres constructions par son toit de tuiles bleues. Un peu plus
loin, se dressent les résidences du roi (Huijeongdang Hall où le
souverain travaillait de façon informelle) et de la reine (Daejojeon Hall).
C'est dans cette résidence que le roi dut, en 1910, prendre acte de l'annexion
de son pays par le Japon.
Ce palais était apprécié des souvenains de la dynastie Joseon
(1392-1910) en raison du spacieux jardin qui l'entourait et qui occupe encore
aujourd'hui 60% de la superficie du palais. La famille royale et un petit
cercle de privilégiés s'y relaxaient. On dit même que le roi pouvait s'adonner
au jardinage et au tir à l'arc et que des tigres y ont été élevés. En
parcourant ses chemins ombragés, en admirant les nombreux pavillons et les
bassins de lotus qui les jalonnent, on se croirait dans un petit paradis et, en
tous cas, très loin de la mégapole de Séoul, dont la rumeur ne parvient
pas jusque là.
Nous avons déjeuné d'une "crêpe" aux oignons verts et
fruits de mer, accompagnée de vin de riz.
Nous sommes retournés vers 14 heures 45 au sanctuaire royal Jongmyo,
où le premier rite s'achevait et où la file d'attente pour le second (prévu de
durer de 16 heures 30 à 19 heures (!) avait commencé à se former. Trois quarts
d'heures plus tard, le public a été admis dans la vaste enceinte qui date de
1608, et a assisté peu après à la mise en place des officiants en tenue noire
et à celle des musiciens/danseurs, tout de rouge vêtus. Nous avons suivi les différentes
séquences de l'hommage rituel (Jongmyo Jeryeak), celles qui échappaient
au regard des spectateurs étant retransmises sur grand écran. Tout cela est
très codifié sur fond de musiques et de danses rituelles. Chaque officiant, à
commencer par le prieur en chef coiffé d'une curieuse toque, a un rôle précis
dans les différentes séquences consistant en des offrandes de vin et de
nourriture et en des invocations.
Les choses se sont gâtées vers 17 heures 45 avec l'apparition de
gros nuages noirs dans le ciel. Les parents accompagnés de jeunes enfants ont
commencé à se replier. La pose en catastrophe de protection au-dessus des
musiciens et la distribution de ponchos au public n'ont pas suffi à éviter un
repli plus général, mais nous avions assisté à l'essentiel.
Après une pause à l'hôtel, nous sommes allés voir, à 20 heures,
un spectacle assez délirant, intitulé "Nanta" ("Cookin'"
en anglais), créé le 10 octobre 1997, joué dans 50 pays, y compris la France,
et 288 villes, et vu par 8,7 millions spectateurs. 27 500 représentations ont
été données. Point n'est besoin de parler coréen pour comprendre ce qui se
passe sur scène. Bassines, bidons, couteaux, louches, hachoirs, couteaux et
bien d'autres ustensiles de cuisines sont transformés en instruments de musique
sur des rythmes coréens Samulnori [1].
Les acteurs sont tout à la fois percussionnistes, acrobates, jongleurs,
clownesques et un peu… cuisiniers ! La salle est invitée plusieurs fois à
participer par ses cris, ses battements de mains et de pieds et quelques
spectateurs sont conviés à se joindre aux acteurs...
Restant dans le domaine
alimentaire, nous avons dîné, après cette soirée théâtrale, d'un barbecue
coréen associant une nouvelle fois produits de la mer, poulet, riz, légumes et
sauce pimentée, bref une paella façon coréenne.




























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