La chambre du motel nous avait paru kitsch en arrivant
hier soir, mais ce n'était finalement rien à côté de sa façade rose bonbon couronnée
de bulbes, que nous avons découverte, en allant prendre le bus. Mais dans le
genre, il y a encore bien pire !
Un bus local nous a déposés à l'une des entrées du parc
national Seoraksan, celle située au bord du torrent Ssangcheon,
au nord-ouest de Sokcho, et baptisée Seorak-dong ou Seogongwon dans la Seorak extérieur [Le parc est divisé en trois parties : le Seorak intérieur (Naeseorak) à l’ouest, le Seorak du Sud (Namseorak) autour de Osaek, et le Seorak extérieur (Oeseorak) à l’est vers la mer].
Le parc qui est le plus fameux de la Corée du Sud et qui a été déclaré par l'UNESCO, zone de préservation de la biosphère en 1982, couvre un ensemble montagneux qui appartient à la chaîne du Taebaek, qui
traverse le pays du nord-est au sud-ouest. Ses vallées profondes sont surplombées
de pics de granite et d’élégantes forêts (notamment de pins). Le tout constitue
un paysage d’estampe inégalable et il paraît que, lors de danpung (époque de rougeoiement des érables et
de toute la forêt), on fait littéralement la queue pour gravir ses pentes. Même
si ce n'était pas le cas en ce 1er Mai, les randonneurs étaient
nombreux et rarement soucieux de communier avec la nature. Les Coréennes sont
des pipelettes à la voix criarde et les Coréens ne sont pas en reste, côté
verbe haut !
Malgré ces
petits désagréments, nous avons fait une promenade inoubliable dans un cadre
magique et en bénéficiant de conditions climatiques idéales. La distance
parcourue n'a rien d'extraordinaire, 3,7 kilomètres, mais la dénivelée sur les
deux derniers kilomètres et demi est importante, puisque nous sommes passés
d'environ 200 mètres à 875.
Au départ, on
passe devant une imposante statue de Bouddha assis, de plus de 14 mètres de
haut, avant d'atteindre le temple de Sinheungsa. Fondé en 653 par le
moine Jajang sous le règne de la reine Chindeok de Silla, il était situé
originellement non loin de là et nommé Hyangseongsa. Le temple actuel
fut reconstruit en 1645, puis en 1847. Il serait le plus vieux temple zen
de Corée, et même du monde.
Ensuite,
pendant quelques centaines de mètres, c'est une promenade de santé sur un
chemin large et bitumé, qui remonte doucement le cours tumultueux du torrent et
le franchit parfois. Les choses se gâtent quand le chemin se transforme en
sentier pentu fait, de pierres d'inégales hauteurs, sur lesquelles il est
facile de se tordre les chevilles, à moins de chuter sur le bord de l'une
d'elles, ce que je n'ai pas manqué de faire ! Chemin faisant, on dépasse deux gargotes dotées de terrasses ombragées et
surtout un ermitage, Gyeojam, avec un petit temple curieusement creusé dans le rocher et
renfermant une statue de Bouddha.
Nous avons
fait une pause casse-croûte vers 13 heures 15 sur un piton balayé par le vent,
à 800 mètres du sommet. La casquette d'Olivier n'a pas résisté à l'attrait du
vide et de la nature…
Le dernier kilomètre est par définition le plus raide,
puisque c'est un escalier métallique accroché à la paroi, mais paradoxalement
pas le plus pénible car les marches sont régulières et équipées de caoutchouc
antidérapant (ce qui, apparemment n'a pas toujours été le cas, à en croire
certains témoignages). Nous avons atteint le sommet du rocher d'Ulsan Bawi,
qui s'élève à 875 mètres [Il est loin d'être le point culminant du massif qui atteint 1 708 mètres],
vers 14 heures, après deux bonnes heures de grimpette.
La vue est
sublime sur la chaîne de montagne, sur les pics rocheux qui émergent d'une
forêt très dense, aux essences variées donnant lieu à une diversité de verts,
étonnante. Elle est, paraît-il, peuplée d'une faune allant de l'ours noir au
léopard. Du sommet, on a aussi une vue sur la ville finalement toute proche et le contraste est aussi malheureusement très frappant entre
la beauté de la nature et la laideur des zones urbanisées et des constructions
éparses qui sont autant de métastases d'un cancer provoqué par l'homme.
Un peu
plus rapide, la descente est aussi périlleuse dans sa partie médiane que la
montée et le cordage qui court sur les côtés, peut être très utile. Nous avons
repris le bus vers 16 heures 15.
"Après l'effort, le réconfort !". Nous sommes
descendus du bus dans le centre ville bâti autour d'un bassin naturel de la
mer, transformé en port. Nous avions repéré en roulant un "Starbucks",
où nous nous sommes attablés devant un jus de "yuzu" (agrume asiatique intermédiaire entre la mandarine et le pamplemousse) glacé bienvenu.
Nous
avons fait une brève étape dans une pharmacie avec l'espoir de trouver un gel
miracle qui puisse résorber aussi rapidement que possible l'hématome douloureux
et réduire par-là l'œuf de pigeon qui se sont installés sur mon tibia gauche...
Malgré ma patte traînante, j'ai tenu à faire un tour sur le quai
où sont amarrés les bateaux de pêche. Certains sont loin d'être de la première
jeunesse. Beaucoup sont équipés de lamparos pour attirer les calamars
dans les filets la nuit.
Après une pause salutaire à l'hôtel, nous avons dîné
dans un restaurant voisin. Nous avions fait assez de marche pour la journée !
Je n'ai pas résisté à la tentation de commander un nouveau ojingeo sundae (calamars farcis) que nous avons complété d'un mandaguk, une délicieuse soupe de raviolis remplis avec
un mélange de viande hachée, de légumes et de tofu, et d'un ojingeo
deopbap, un plat pimenté à base de calamars et de riz blanc.























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