Les villes coréennes semblent s'éveiller lentement. Les magasins
ferment, il est vrai, très tard, tout comme les restaurants. Nous en avons fait
une nouvelle fois la constatation en empruntant des rues encore peu animées pour
attraper, à 10 heures, un un bus local qui nous a conduits jusqu'à Hahoemaeul,
"le village d'Hahoe".
En arrivant sur place, nous avons fait la connaissance d'un
globe-trotter sympathique et volubile, Olivier R., qui parcourt le monde en vélo. Nous avons fait
ensemble la visite de ce village de 235 habitants, datant du début de l'époque Joseon
et qui a préservé son caractère traditionnel, tout en s'étant ouvert au
tourisme.
Le site est particulier. Le fleuve Nakdonggang fait en
cet endroit une boucle autour du village, forcé à ce détour par la belle falaise Buyongdae. Le village est donc entouré sur trois côtés
par des bancs de sable, et sur le dernier bord s’étalent des rizières et des
champs. Le visiteur chemine dans des ruelles cloisonnées de jolis murs
de torchis et de pierre. Le village a conservé ses maisons au toit de chaume ou
de tuiles arrondies à l'ancienne. Ses habitants ne sont pas des
"acteurs", mais bien des villageois vivant souvent de l'agriculture.
Tout juste aperçoit-on ici ou là, dissimulée, une antenne parabolique ou une
ménagère en train de passer un aspirateur !
Hahoe est le fief de la famille Ryu de Pungsan,
qui donna deux célèbres personnages du XVIème siècle, Ryu Un-yong,
un lettré confucianiste, et Ryu Seong-nyong, Premier ministre pendant la
guerre Imjin contre les Japonais (1592-1598) et disciple de Toegye.
Parmi les demeures les plus remarquables, Yangjindang est la plus grande
et la plus ancienne maison du clan Ryu à Hahoe. Elle date du début du
XVIème siècle et fut habitée par Ryu Un-yong. La maison Bukchon du
même clan datant de 1862 est représentative des maisons nobles de Joseon
avec ses différents bâtiments pour les femmes (anchae), les hommes (sarangchae),
les domestiques, les tablettes ancestrales (sadang). Hahoe est souvent
le lieu de tournage des films et feuilletons historiques et il est devenu
l’archétype du village coréen traditionnel.
En quittant le village, nous n'avons pas manqué de parcourir les
salles d'un très intéressant musée de masques, qui réunit de véritables œuvres
d'art, essentiellement de Corée et des pays d'Asie, mais également d'autre pays (belle collection de masques du Congo notamment).
De retour d'Hanoe,
nous avons fait un saut avec le bus 54 à Icheondong Seokbulsang, à 5 km au nord d’Andong
sur la route de Yeongju, pour voir une statue de Bouddha gravée dans le roc, de douze mètres de haut. Elle daterait
de Goryeo et serait un Mireuk, un Bouddha du futur. Selon
d’autres, ce serait Amitabha et il daterait de Silla. Sa tête, sculptée
en trois dimensions dans un bloc séparé, présente une brisure au niveau du cou.
Selon une légende, un général chinois venu aider les Coréens lors des invasions
de 1592 aurait tranché la tête de son sabre, parce que son cheval aurait été
effrayé par cette statue. A côté, se dresse un petit temple, Yeonmisa, décoré de belles peintures et d'un Bouddha au geste gracieux.
Nous sommes rentrés à Andong, le temps de récupérer nos
valises et de gagner le terminal des bus, que nous avons quitté à 16 heures 40
à destination de Sokcho, trois cents kilomètres plus au nord, pour la
modique somme de 24 000 wons par passager (16€), dans un bus très confortable.
Je ne suis pas sûr que la ligne soit très rentable, si j'en juge par le nombre
de passagers qui ont fait le trajet (7 avec nous pour 31 places et 4 sont
descendus en cours de route !). Notre bus a enchainé, à vive allure, les voies expresses, en passant par Yeongju, Wonju et Gangneung. Nous avons traversé des zones de plus en plus montagneuses et très boisées, avant de longer, de nuit, la côte entre Gangneung et Sokcho, atteinte vers 20 heures 30.
Sokcho est une ville portuaire qui compte une centaine de milliers d'habitants. Située à l'extrémité nord-est du pays, elle fait partie de la province de Gangwon et s'est développée entre deux lagunes, au bord de la mer du Japon. Elle est au nord du 38ème parallèle et faisait partie de la Corée du Nord de 1945 jusqu'à la fin de la guerre de Corée, date à laquelle la frontière fut officiellement déplacée. Elle se trouve à 62 km de la ligne de démarcation, à 175 km de la capitale provinciale Chuncheon et à 248 km de Séoul. Elle est aux portes du massif montagneux du Seoraksan, principale motivation de notre visite.
Un taxi nous a déposés au motel Rocustel, non loin du rivage. Vu l'heure, nous nous sommes installés rapidement, avant de nous mettre en quête d'un restaurant. Nous avons testé une des spécialités locales, le ojingeo sundae, du calamar farci avec des légumes, du riz, des champignons, des épices, de l'ail, un peu de tofu, du bœuf haché menu. Le tout est coupé en rondelles et poêlé… Divin !
Sokcho est une ville portuaire qui compte une centaine de milliers d'habitants. Située à l'extrémité nord-est du pays, elle fait partie de la province de Gangwon et s'est développée entre deux lagunes, au bord de la mer du Japon. Elle est au nord du 38ème parallèle et faisait partie de la Corée du Nord de 1945 jusqu'à la fin de la guerre de Corée, date à laquelle la frontière fut officiellement déplacée. Elle se trouve à 62 km de la ligne de démarcation, à 175 km de la capitale provinciale Chuncheon et à 248 km de Séoul. Elle est aux portes du massif montagneux du Seoraksan, principale motivation de notre visite.
Un taxi nous a déposés au motel Rocustel, non loin du rivage. Vu l'heure, nous nous sommes installés rapidement, avant de nous mettre en quête d'un restaurant. Nous avons testé une des spécialités locales, le ojingeo sundae, du calamar farci avec des légumes, du riz, des champignons, des épices, de l'ail, un peu de tofu, du bœuf haché menu. Le tout est coupé en rondelles et poêlé… Divin !






















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