Au cours de ces deux nouvelles journées passées à Tokyo, j'ai visité le musée "Edo - Tokyo" sur l'histoire de cette ville qui a changé de nom en 1868 au moment de la fin du shogunat Tokugawa et de la restauration Meiji. Ce musée évoque de façon très didactique de multiples aspects de l'histoire de cette ville et notamment des multiples destructions auxquelles elle a été confrontée. La ville a été développée sous le nom d'Edo à partir d'un village portuaire insignifiant par Togugawa Iyeasu, fondateur du shogunat héréditaire qui dirigera le Japon pendant 2 siècles et demi.
Sa première action a été de neutraliser les rivalités entre clans qui avaient maintenu le pays dans un état de guerre civile quasi-permanent les siècles précédents.
marques distinctives de différents clans sur les voiles de bateaux
La période de stabilité et de paix que le Japon a ensuite connu a favorisé un développement économique sans précédent et le petit village est rapidement devenu une capitale florissante.
Son urbanisme (car on peut parler d'urbanisme : tout était très organisé) a rapidement compris un système innovant de canalisations en bois pour collecter et évacuer les eaux usées. Les fouilles archéologiques conduites dans certains quartiers de la ville ont permis d'en retrouver des vestiges en très bon état de conservation.
Mais la ville, très dense (le plan ci-dessus permet d'imaginer l'étroitesse des ruelles perpendiculaires aux rues principales) a rapidement été sujette à des incendies très graves. Ainsi, lors du grand incendie de 1657, 60% de la ville ont été réduits en cendres. Rapidement un "service" de sécurité incendie très organisé a été mis en place au niveau de chaque quartier.
Le musée évoque en détail le développement culturel caractéristique de l'ère Edo avec notamment le développement de l'Ukiyo-e (estampes).
Parmi les nombreuses épreuves subies par la ville, je retiendrais le bombardement de la nuit du 10 mars 1945, le plus meurtrier de toute l'histoire de la seconde guerre mondiale : plus de 100.000 morts en une seule nuit (plus qu'à Hiroshima, Nagazaki ou Dresden...). Les bombes utilisées étaient remplies de napalm et avaient pour but de transformer la ville en brasier et de faire le maximum de victimes. Ce fut le cas. De nombreux quartiers, comme celui de l'actuel musée Edo-Tokyo (photographié ci-dessous) ont été complètement détruits.
Je me suis aussi rendu sur le site du sanctuaire "Meiji Jingu" construit dans les années 20 pour "accueillir" les âmes de l'Empereur Meiji et de son épouse décédés en 1912 et 1914. Un véritable culte est toujours voué à cet empereur qui a créé le Japon moderne en l'ouvrant sur le monde et en mettant fin au système féodal. A l'occasion de la création du sanctuaire 100.000 arbrisseaux provenant des différentes régions du Japon y ont été plantés. Les arbres ont beaucoup grandi et c'est aujourd'hui une vraie forêt abritant une vie sauvage.
Chaque année la confrérie des brasseurs de Sake fait don au sanctuaire de centaines de barils de saké (toujours emballés dans de splendides tissus aux couleurs des brasseurs) qui sont exposés au public.
Le sanctuaire a été construit à proximité d'un site où le couple impérial aimait venir observer la floraison des iris. Ce site est maintenant un jardin régulièrement entretenu. Mais la floraison des iris, qui attire une foule impressionnante m'a-t-on dit, a lieu en juin (la photo ci-dessous n'est pas de moi...). Il faudra donc que je revienne. Mais le jardin est très beau à tout moment et j'y ai passé un agréable moment.
la corde avec des éclairs stylisés en papier est utilisée dans les sanctuaires shinto pour marquer la limite entre le profane et le sacré
J'ai poursuivi dans le même quartier par la rue "Takeshita", lieu de shopping préféré des adolescents et jeunes Japonais... On y trouve les accessoires à la mode (rubans, collants, gants, chapeaux, emballages pour téléphones portables...).
Et on y consomme des crèpes fourrées, un douceur très à la mode chez les jeunes depuis plusieurs années...
J'ai ensuite profité de l'animation du quartier vibrionnant de Shinjuku, d'abord en admirant la vue du haut d'un gratte-ciel puis en déambulant dans ses rues très éclairées.
L'explication de cette forêt d'enseignes lumineuses verticales est que, dans ces quartiers très animés, presque tous les étages des immeubles sont occupés par des restaurants, des bars ou des cafés. On indique ainsi ce que le client peut trouver au niveau 2F (2ème étage) ou... 8F (8ème étage) !
En contemplant l'extraordinaire développement de cette ville lumière, je n'ai pas pu m'empécher de repenser à l'état de destruction dans lequel elle était il y a juste quelques décennies, ainsi qu'à la nouvelle menace qui pèse sur elle : le tremblement de terre "majeur" que les géologues prédisent pour les prochaines décennies... Le fatalisme et la capacité des Tokyoïtes à rebondir et à aller de l'avant représente quelque chose de vraiment unique.
Et pour finir, voici quelques unes des collations prises ces derniers jours.







































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