vendredi 25 avril 2014

23 avril (Busan)

Une grande étape en bus était au programme de la journée (un peu moins de 200 kilomètres) pour rejoindre Busan [부산 ou 釜山 littéralement, "la montagne-chaudron" ou "la montagne ressemblant à un chaudron"], deuxième ville du pays, avec 3,7 millions d'habitants (4,5 avec l'agglomération), et aussi son premier port [fondé en 1876], sur la côte orientale. Cette ville joua un rôle important pendant la guerre de Corée (1950-1953). Elle resta en permanence sous le contrôle sud-coréen et le "Périmètre de Busan" avec ses installations portuaires permit aux renforts militaires de l'ONU, principalement des Etats-Unis, de débarquer massivement, et de partir à la reconquête de la péninsule.

Partis à 11 heures 15 précises de la gare routière de Gwangju (les bus sont d'une grande ponctualité), nous sommes arrivés à destination en n'empruntant que des grands axes (Honam Expressway jusqu'à Suncheon, puis Namhae Expressway) en trois heures trente, après avoir traversé des paysages de collines toujours bien boisées et entrecoupées de petites plaines et de fonds de vallées livrés aux cultures, aux habitations et à une petite industrie.

Plus encore que les villes déjà découvertes, Busan offre, quand on s'en approche et qu'on distingue peu à peu un foisonnement d'immeubles géants au pied des montagnes, une vision que l'on qualifiait de "futuriste" dans ma jeunesse, mais qui correspond au présent d'un pays qui, pour loger une population nombreuse sur une superficie réduite (49 millions d'habitants, 98 400 km², soit 492 hab/km²), est contraint de construire toujours plus vite et toujours plus haut des immeubles afin de préserver un maximum de terres agricoles.


En fait, la ville a fait tache d'huile progressivement en partant de la côte, évitant dans un premier temps les collines qui tombent dans la mer, s'insinuant dans les vallées, gagnant toujours plus sur l'amont des cours d'eau, mais commençant aujourd'hui à manger peu à peu les versants des collines eux-mêmes.


Nous avons gagné en métro le "Sunset - Business hôtel" (sic) près de la plage de Haeundae, présentée comme étant "probablement la plage la plus fameuse du pays du matin calme". Elle a 1,5 km de long, 30 à 50 m de large et une superficie de 58 400 m². Son sable blanc provient de la rivière Chuncheoncheon et de coquillages désintégrés naturellement par l'érosion éolienne. Mais la baignade y est interdite en dehors de juillet et août ! Après nous être installés dans une des chambres spacieuses du 10ème étage de l'hôtel, nous avons repris le métro pour nous transporter à quatorze kilomètres plus à l'ouest, tant la ville est étendue, dans le quartier animé et pittoresque de Jung-gu, considéré comme le centre ville.





Nous avons dîné d'un copieux buffet de produits de la mer, dans le restaurant Oase, au 5ème étage du marché aux poissons de Jagalchi. Nous avons fureté ensuite dans le quartier, qui est une ruche où l'on mange à toute heure dans un nombre incroyable de petits restaurants. A peine débarqués, les poissons, coquillages et crustacés sont soit conditionnés pour la vente, soit acheminés précisément dans ces petites gargotes.




A proximité du marché aux poissons, on trouve aussi un vaste hall divisé en stalles, chacune accueillant quelques tables et des bancs et on mange au milieu des aquariums, viviers et autres bassines où les produits de la mer encore vivants attendent leur triste sort. Les plus à plaindre sont sans doute les anguilles écorchées vives qui frétillent encore après avoir perdu "leur pyjama" et ce, jusque dans la poêle à frire !



Un peu plus loin, les rues offrent le spectacle d'une débauche d'enseignes lumineuses, les commerces (cafés, bars, restaurants de cuisine traditionnelle, magasins de vêtements et de chaussures) restent ouverts jusqu'à une heure avancée de la nuit, des cartomanciennes attendent le client dans des petites guitounes alignées au milieu de la chaussée, des marchands ambulants proposent des fritures ou des châtaignes… 



Nous sommes montés par une succession d'escalators jusqu'à la Tour de Busan, inaugurée en 1973 et qui domine la ville de ses 120 mètres. Du sommet, la vue s'étend à 360° et donne une bonne idée de l'étendue de la ville. En bas, sur l'esplanade, est organisé actuellement, à l'occasion de l'anniversaire de Bouddha (dans quelques jours), un festival de lanternes. Il rassemble des figurines en papier peint (danseurs, animaux, figures allégoriques etc), des véritables œuvres d'art, qui sont éclairées de l'intérieur et qui réjouissent grands et petits.



    





Busan donne le sentiment d'être une ville plus cosmopolite que toutes celles que nous avons vues jusqu'à présent. Il nous est même arrivé d'être des jours sans voir un occidental. Ici, au contraire, les étrangers de toutes nationalités se côtoient, Russes, Américains, Européens…

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