mardi 15 avril 2014

12 avril (mont Nogogiri et temple de Nihon-ji)

Je suis sorti aujourd'hui de Tokyo pour aller faire une excursion sur le mont Nokogiri qui abrite un temple intéressant. Après une heure de train de banlieue puis la traversée en ferry de la baie de Tokyo, je suis arrivé à Kanaya, petit village de pécheurs qui semble bien calme après l'agitation de Tokyo, pourtant si proche.


De là un petit téléphérique permet de rejoindre le sommet du mont Nogokiri qui n'est élevé que de 329m. On a cependant une belle vue sur la baie de Tokyo.



Le site a été utilisé pendant la période Edo comme carrière et fournissait les matériaux nécessaires pour assécher et combler les zones lacustres sur lesquelles la capitale s'est développée. L'activité d'extraction a été abandonnée au début du 20ème siècle mais le paysage est encore très marqué par les entailles effectuées dans la roche.


Une de ces entailles a été utilisée en 1960 pour graver une grande statue de Boudhha dénommé le Kannon de 100 shaku, en mémoire des victimes de la seconde guerre mondiale. Le shaku est une ancienne mesure japonaise (désormais abandonnée) qui est la distance moyenne entre 2 noeuds sur une branche de bambou adulte... C'est l'équivalent de 30 cm. Le Kannon (représentation de la déesse de la compassion) mesure donc 30m de haut. Il a fallu 6 ans pour le sculpter. 



L'exploitation de la carrière a formé des surplombs spectaculaires comme celui surnommé "la plongée dans l'enfer". Les touristes japonais s'y avancent avec beaucoup de prudence voire de crainte, comme si le sol allait se dérober sous leurs pieds...

    
Une fois dessus pourtant, on ne se rend compte de rien... Mais c'est vrai qu'il vaut peut mieux éviter d'y être au moment d'un tremblement de terre !


J'ai ensuite pénétré sur le site du temple Nihon-ji qui occupe tout le flanc sud de la montagne. Fondé en 725, il est passé entre les mains de différentes sectes boudhistes pour être finalement confié à la secte Soto Zen. C'est un des plus anciens séminaires du bouddhisme Zen au Japon, toujours très actif, ce qui fait qu'on ne peut en visiter les bâtiments. L'extérieur est cependant suffisant pour attirer de nombreux visiteurs.  Les sentiers qui sillonent le flanc de la montagne sont couverts de sculptures d'arakan (ascètes sur la voie de l'illumination),  abrités sous les anfractuosités de la roche créées par l'érosion. Il y en avait initialement plus de 1500 (sculptées au 18 ème siècle) mais suite à une bouffée d'antibouddhisme à la suite de la restauration Meiji de 1862 qui a élévé le shintoïsme au rang de religion d'Etat, de nombreuses statues ont été détruites ou décapitées. Il en reste environ 850 aujourd'hui.







Mais le site est surtout connu pour abriter le plus grand Bouddha du Japon, le Daibustu qui mesure 31m de haut. Il a été sculpté entre 1780 et 1783. C'est une représentation du Bouddha de la guérison et de la médecine, comme en témoigne la présence d'une boite à médicaments dans ses mains. 




On trouve à ses cotés une représentation de Jizo, protecteur des enfants. Il veille sur une multitude de petits Jizo déposés à ses pieds par les pélerins.

    Jizo, protecteur des enfants


Comme souvent, le temple abrite aussi un petit sanctuaire shinto encastré dans la roche.


J'ai poursuivi la descente vers le village d'Hota, d'où un train m'a ramené au port de Kanaya.

   portes d'entrée (et pour moi de sortie) du temple

    le chemin qui descend vers la côte à travers la forêt


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