mercredi 2 avril 2014

2 et 3 avril (île d'Iriomote)

J'ai passé 2 jours sur l'île d'Iriomote, à 40 km à l'ouest d'Ishigaki. Cette grande île (la deuxième de l'archipel après Okinawa elle même) est très montagneuse et très peu peuplée. L'île est considérée comme l'endroit le plus sauvage du Japon. Mangroves et forêt sub-tropicale vierge couvrent plus de 90% de son territoire. La population vit dans des petits villages répartis sur la côte le long de la route qui ne fait que la moitié du tour de l'île. Aucune route ne pénètre dans l'intérieur de l'île qui est donc inaccessible autrement qu'en remontant par bateau ses quelques fleuves, souvent comparés à des petites "Amazone". Une rumeur persistante court sur l'île selon laquelle quelques soldats irréductibles vivraient reclusdans les montagnes d'Iriomote depuis la seconde guerre mondiale. 





A Iriomote, la seule façon d'entrer en contact avec la nature est de remonter les cours d'eau en bateau ou en kayak. J'ai opté pour une excursion sur un petit bateau qui a remonté un fleuve sur 8 km. Les rives sont constituées de mangroves impénétrables.   






Le bateau nous a laissé au pied d'un petit sentier qui permet de rejoindre de belles cascades en 45 mn à travers la jungle. La végétation y est particulièrement dense et j'ai pu m'adonner sans frein à ma passion pour les crosses de fougères.

    le sentier











A l'extrémité ouest de la route que j'ai rejoint en vélo, un petit bateau fait le lien avec un petit village du "bout du monde" d'une vingtaine de maisons, uniquement accessible par la mer. Un sentier à travers la jungle permet de rejoindre en 10 mn une plage superbe et quasiment déserte. J'y ai fait l'une de mes plus belles sorties de snorkling. Les fonds marins y étaient superbes (formes et couleurs des coraux, profusion de poissons). 



A l'une de ses extrémités, la plage est bordée par une belle falaise de grès jaune.




L'île est connue comme le sanctuaire de quelques espèces endémiques dont la plus emblématique est le chat sauvage d'Iriomote, espèce de chat léopard en voie d'extinction (une centaine d'individus tout au plus). 


Il est surtout actif la nuit. Des panneaux mettent en garde les automobilistes, mais des accidents surviennent chaque année.  


Si je n'ai pas aperçu le chat d'Iriomote autrement que sur ces panneaux, j'ai par contre pu longuement observer un Serpentaire bacha, espèce de rapace endémique et protégée à Ishigaki et Iriomote. Il était à l'affut sur une branche.  




Une nouvelle sortie de snorkling sur une plage près de mon auberge m'a permis de rejoindre le versant extérieur de la barrière de corail. La faune y est beaucoup plus abondante encore qu'à l'interieur. Le plateau coralien qui s'enfonce progressivement dans la mer est parcouru par de profondes crevasses laissant apparaître de larges fosses. Il était midi et les rayons du soleil éclairaient d'une lumière turquoise ces fosses au fond sableux dans lesquelles évoluaient de multiples poissons petits et grands. Ce paysage sous-marin très accidenté formait un spectacle étonnant et exaltant. Sur le chemin du retour, j'ai beaucoup moins apprécié mon face à face avec un serpent de mer qui ondulait vers moi... En fait, sans doute aussi effrayé que moi par notre rencontre, il a rapidement changé de direction.


J'ai fais une deuxième excursion sur un autre fleuve de l'île, bordé lui aussi d'une mangrove très dense.




La principale attraction à l'extrémité de cette ballade est un arbre aux incroyables racines contreforts. Il s'agit d'un Toto margot ("heritiera littoralis") découvert en 1982. Son âge est estimé à 400 ans. L'arbre mesure 20 m de haut et ses racines contreforts aux volutes très profilées s'élèvent jusqu'à 3,60m au dessus du sol. Ce géant est considéré comme l'un des 100 plus beaux arbres du Japon. 




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