Nous avons eu un peu de mal à nous mettre en route ce matin.
Nous sommes sortis un peu avant 11 heures et avons commencé par faire quelques
pas le long du rivage. L'Office du tourisme en bord de mer présente,
entre autres, deux photos très instructives : Haeundae en 1960 - et là
nous n'avons que les yeux pour pleurer sur le sort d'une belle plage condamnée
par le boom immobilier - et Haeundae l'été, en juillet/août, et là c'est
une vision apocalyptique d'une plage où il n'y a plus un m² de libre, ni sur le sable ni dans l'eau... A fuir !
Nous nous sommes ensuite rendus en métro dans le quartier de Nam-gu.
Sur une place à grande circulation se dresse un monument érigé en souvenir de
l'engagement des forces des Nations-Unies aux côtés des forces sud-coréennes
pour répondre à l'invasion des forces nord-coréennes le 25 juin 1950.
A
proximité, nous avons visité le Cimetière mémorial des Nations-Unies.
Unique au monde, il est aujourd'hui complètement inséré dans le tissu urbain.
Là sont enterrés 2 300 militaires ayant appartenu à l'UNMCK : 885 Britanniques,
462 Turcs, 378 Canadiens, 281 Australiens 117 Néerlandais, 44 Français, 36
Américains, 34 Néo-Zélandais, 11 Sud-Africains, 1 Norvégien, auxquels
s'ajoutent 36 Coréens, 11 morts originaires d'Etats "non
belligérents" et 4 inconnus (?). Le plus jeune mort est un Australien qui
avait 17 ans, un certain Daunt. Tous les pays engagés ne sont pas représentés.
Ils étaient en fait 16 à avoir déployé des forces sur le terrain [Etats-Unis, Royaume Uni, Turquie, Canada, Australie, France, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Colombie, Grèce, Thaïlande, Ethiopie, Philippines, Belgique, Luxembourg] et 5 à avoir apporté un soutien médical [Norvège, Danemark, Inde, Italie, Suède].
De nombreux corps - et notamment tous les Américains - ont été rapatriés dans les pays d'origine. Les pertes des
forces onusiennes sont en fait de 40 895 hommes.
Le bataillon d'infanterie français a compté 3 760 hommes sur
trois ans aux ordres du Général Monclar jusqu'en 1951.
Il a reçu l'appui d'un aviso de la Marine nationale, le "La Grandière"
(qui a reçu des missions de transport et d'escorte entre le Japon et Busan).
Avec 270 tués, la France a le taux de pertes le plus élevé des pays engagés (hors Corée bien sûr).
Nous nous sommes attardés au carré français et devant le Mur du Souvenir
sur lequel sont gravés tous les noms des tués. La plupart avaient 19 ou 20 ans.
Le conflit aurait fait plus de 800 000 tués parmi les militaires coréens, nordistes et sudistes, probablement autant parmi les militaires chinois. Le nombre de victimes civiles est estimé à 2 millions et 3 millions de réfugiés. La péninsule a été dévastée par les combats et les bombardements. Séoul a été détruite à plus de 70 %. Cette visite mémorielle a été l'occasion pour nous de nous replonger dans l'histoire d'un conflit dramatique qui a mené le monde au bord d'une 3ème Guerre mondiale et dont on parle peu en France...
Après avoir déjeuné d'un rafraîchissant plat de nouilles froides, nous avons
visité le Musée municipal de Busan. Il présente, comme d'autres
musées déjà vus, des décors reproduisant des scènes de la vie quotidiennes
encore d'actualité au début du XXème siècle, et des objets
domestiques et artistiques. Il insiste sur le rôle central de la ville dans les relations chaotiques entre la Corée et le Japon. Le Japon n'est en effet distant que de 200 kms. Il évoque aussi en détail le sort particulier de Busan pendant la
guerre. La ville de 400 000 habitants dut faire face à l'afflux de 700 000
réfugiés !
Nous avons voulu voir de près le Grand Pont Gwangan. Pris
dans un dédale de rues, nous avons mis un certain temps pour y parvenir (!),
mais l'infrastructure qui relie les arrondissements de Nam-gu et Haeundae-gu
est impressionnante. Par la même occasion, nous avons jeté un coup d'œil sur
l'autre grande plage de Busan, la plage de Gwangalli.
Nous avons
dîné dans le quartier de l'hôtel d'un riz aux produits de la mer. Le soir, la
promenade le long du rivage est un endroit prisé. Elle est livrée, de cent
mètres en cent mètres, pour ne pas se gêner, à des jeunes chanteurs qui,
guitare en main avec un micro et une sono portative, interprètent leur
répertoire devant un public clairsemé (au moins à cette époque de l'année !).















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