jeudi 24 avril 2014

22 avril (Damyang - Gwangju)

Le maillage des lignes d'autocar et de bus en Corée n'aura bientôt plus de secrets pour Olivier. Ce n'est pas évident dans un pays où tout ou presque est écrit en coréen, avec quasiment aucune traduction en anglais, et où, mis à part dans les offices du tourisme, il est rare de trouver un interlocuteur bredouillant quelques mots dans la langue de Shakespeare ! Heureusement, les chiffres sont les mêmes que les nôtres. La façon de conduire des chauffeurs de bus coréen est tout un poème : ils ignorent en général les limitations de vitesse, surtout en ville, et adoptent une conduite sportive faite de démarrages brutaux et d'arrêts brusques. On a intérêt à agripper fermement les poignées et les barres métalliques transversales, quand on est debout dans l'allée centrale !




C'est donc en bus que nous sommes allés ce matin à Damyang, une ville à 22 kilomètres au nord de Gwangju, la capitale du bambou en Corée du Sud. Ses bambouseraies représenteraient 26% des superficies de bambous du pays. La ville a son festival du bambou qui se tient en mai (la mi-mai serait la période la plus propice pour planter les bambous, selon les spécialistes). Les préparatifs ont commencé.
Nous n'avons pas réussi à trouver le marché au bambou qui s'y tient les jours qui se terminent par "2" et "7" (!) et qui passe pour être le plus grand de ce genre en Corée et un des plus anciens avec ses 300 ans d’existence. En revanche, nous nous sommes longuement promenés dans le parc Juk Nok Won, créé en 2003 et qui est une forêt de bambous sur 310 ha de collines. Se promener dans une forêt de bambous a, paraît-il, des vertus médicinales : anti-stress, effets positifs sur le cœur et les poumons. Le bambou absorberait le CO2 quatre fois plus vite qu'un résineux… Les photographes se font plaisir avec les jeux de lumière sur les troncs et les jeunes pousses disproportionnées. Pour rester dans la note, nous n'avons pas résisté à la tentation, en quittant le parc, de déguster une excellente glace à la pousse de bambou d'un beau vert pâle…






    étal de pousses de bambou au marché

A la sortie de la ville, en direction de Gwangju, nous avons visité le Musée du… bambou ! Il conserve plus de 1 700 objets qui donne une idée assez complète de tout ce qu'on peut fabriquer ou tirer à partir du bambou et des ses pousses : on le mange, on en fait un sel riche et apprécié aussi bien en cuisine qu’en cosmétique, on en tire de l'huile, on construit avec son tronc élégant et résistant des bateaux, des maisons, des objets utilitaires ou décoratifs, des meubles, des nattes, de la vaisselle, des armes, des jouets, des instruments de musique et bien d'autres choses encore. Il peut être découpé en sections le long de ses nœuds ou "épluché" en fines lamelles verticales destinées à la vannerie. Il protège aussi les maisons du vent. Associé à différentes vertus (loyauté, vérité, droiture, etc.), le bambou est à ce titre un des sujets favoris de la peinture traditionnelle dans la plupart des pays d'Asie.

De retour à Gwangju, nous avons passé un bon moment au musée ethnographique ("Folk Museum") très bien conçu autour de grandes thématiques : habitat, cuisine, habillement, artisanat, métiers ruraux, loisirs etc, avec pas mal de présentations en anglais et des maquettes grandeur nature très parlantes. A titre anecdotique, j'ai noté qu'hommes et femmes d'une même famille vivaient dans des espaces bien séparés dans les maisons, en particulier, les fils et les filles. Les femmes accouchaient à domicile, comme chez nous, il n'y a pas si longtemps. Une offrande (des fruits souvent) était déposée sur une table pour le samsin, un esprit supposé influer sur les naissances. Une corde était tendue au-dessus de la porte et on y accrochait des morceaux de charbon et des papiers pour écarter les mauvais esprits. Compte tenu de l'importance de la mortalité infantile, une fête était organisée pour célébrer le 100ème jour de la naissance d'un enfant et une plus grande encore, pour son 1er anniversaire. Parmi les sports collectifs, le plus original m'a semblé être le gossaum. On y jouait pendant le premier mois lunaire. Deux équipes s'affrontaient en portant au-dessus d'elles d'étranges structures de paille tressée, un "go". Chaque "go" est d'environ 15 m de long et se compose d'une grande boucle de paille à la fin d'un long cylindre appuyé sur des poteaux. Deux "queues", à l'extrémité opposée de la structure de la boucle, servent à fournir un mécanisme de direction rudimentaire. Les deux "go" sont levées au-dessus de la tête par les équipes et les boucles sont mises en contact et poussées l'une contre l'autre. La gagnante était bien sûr celle qui avait fait chuter l'autre.

    poteries servant à stocker les aliments fermentés dont les Coréens raffolent (toujours utilisées aujourd'hui)

    vie de Bouddha datant de l'introduction du Bouddhisme en Corée

    anciens descriptions des flux sanguins 

    masques utilisés pendant les fêtes populaires


    fabrication de sandales

    compétition de Gossum

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