L'île de Kume est nettement plus grande que les précédentes et a une population permanente de 9000 âmes. Pour en faire le tour (environ 55 Km) et en découvrir les multiples attraits, j'ai décidé de louer un scooter pour la journée.
photo prise par le loueur et remise en "cadeau" à la fin de la location...
L'île est assez montagneuse et verdoyante. Elle me rappelle un peu "Hawaï".
Une portion de 3km de route dans la montagne est bordée de cerisiers qui forment un étonnante frondaison. La floraison a eu lieu en janvier et les fruits sont désormais murs.
Il s'agit de minuscules cerises un peu aigres mais fruitées.
La première culture sur l'ile est la canne à sucre (on peut même parler de mono-culture car à part quelques potagers, tous les champs y sont consacrés. Les îles Ryukyu sont le lieu de production du sucre japonais, qui bien que beaucoup plus cher que le sucre importé, est un ingrédient irremplaçable pour les Wagashi (les lecteurs attentifs se souviendront qu'il s'agit des patisseries japonaises). La coupe se fait encore pour l'essentiel à la main. Etonnant pour un pays technologiquement si avancé... Une de ces contradictions dont le pays ne manque pas.
Je n'ai pas resisté à la tentation de me baigner sur une plage déserte. Les fonds marins y étaient par contre un peu décevants.
J'ai ensuite visité un vieille maison okinawaise, résidence d'un gouverneur local du temps du Royaume Ryukyu. La maison aurait été construite en 1726.
Une autre étape "obligatoire" est un pin des Ryukyu planté en 1835 et qui s'est considérablement développé à l'horizontale à partir de 5 troncs formés à partir d'une seule souche.
Un peu plus loin, cette arbre qui produit des ramifications qui rejoignent les branches voisines a retenu mon attention.

On retrouve un peu partout les tombes à toit de tortue qui continuent à attirer mon regard. Il s'agit bien sûr de caveaux familiaux mais leur taille reste surprenante.
l'ile possède même son rocher "d'Etretat"...
La côte, couverte pour l'essentiel de coraux, regorge de piscines naturelles dans lesquelles de nombreux poissons tropicaux se retrouvent prisonniers au moment du ressac. Il est facile de les admirer.
J'ai visité la coopérative locale de tissage de soie naturelle. Tout y est fait à l'ancienne en n'utilisant que des produits naturels
J'ai pu oberserver longuement le travail des tisseuses et notamment la complexité de la procédure permettant d'obtenir le motif ci-dessous qui parait pourtant si simple au néophyte.
En fait, il faut teindre par endroits seulement une partie des fils de chaines. Pour ce faire, on protège la partie qui ne doit pas être teinte en nouant un matérieu autour des fils. Seule la partie laissée apparente sera touchée par le teinture.
Les fils teints doivent ensuite être incorporés à la chaine et placés en quinconce, ce qui implique des réglages longs et précis (au mm près), effectués à l'aide de patrons réalisés sur papier.
Je suis fasciné par ces techniques et ces outils complexes, transmis et perfectionnés de génération en génération. Je me demande toujours combien de temps et de générations il faudrait à l'espèce humaine pour reconstituer ces savoir-faire si cette transmission devait par malheur être interrompue.

Je me suis offert un petit goûter dont les couleurs ne devraient plus étonner les lecteurs.
D'un poin haut, j'ai pu admirer les bancs de sable de Hate no Hama, longs de 7 kms et sur lesquels je me rendrai demain.
Et pour finir, voici le savoureux dîner qui m'a été servi dans une izakaya (sorte de pub) locale.
Le petit plat sur le côté droit au milieu (à droite d'une assiette de thon cru mariné) est un délicieux plat d'algues au vinaigre sucré.