dimanche 27 avril 2014

26 avril (Busan - Gyeongju)

Accroché à la côte rocheuse, au nord de Busan, le temple Haedong Yonggungsa mérite surement d'être vu au petit jour à la lumière rasante du soleil naissant et surtout avant l'arrivée des hordes de fidèles et de touristes. Autant dire qu'en débarquant du bus peu avant 9 heures et demie, nous sommes arrivés bien tard pour profiter de ces conditions optimales.


L'endroit nous a laissé à tous deux un sentiment pour le moins contrasté. Les "marchands du temple" se pressent de part et d'autre de la ruelle qui mène à l'entrée : marchandes de salades et de légumes qui proposent leurs récoltes, assises par terre, débits ambulants de boissons, étals de brochettes cuites sur place, vendeurs de grigris en tous genres et de bijoux de pacotille, tout est bon et il faut se frayer un passage pour arriver à l'escalier qui descend dans les rochers.



Sur place, c'est à peine mieux. Nous n'avons pas senti la spiritualité qui caractérise en général les temples bouddhistes. Les gens se bousculent dans le dédale des escaliers étroits, parlent bruyamment. De nombreuses statues sont l'occasion de donner libre cours à toutes les superstitions possibles en formulant un vœu pour ceci ou un vœu pour cela. Une statue de Bouddha dont le ventre bien noirci montre que les mains des visiteurs le touchent souvent, est consacrée aux couples qui veulent un… garçon ! Cette compromission avec les croyances les plus archaïques nous a un peu choqué...




Pour autant, je ne regrette pas d'avoir vu ce lieu singulier. Je l'imaginais au siècle dernier, au milieu de nulle part. Ce devait être… divin ! Construit en 1376 par le grand maître bouddhiste connu sous le nom Naong durant la dynastie Goryeo, le temple présente quelques singularités, notamment une grotte et une pagode de trois étages avec quatre lions. Les quatre lions symbolisent la joie, la colère, la tristesse et le bonheur. Souvent en formulant un vœu, les visiteurs déposent au pied de certaines statues un tout petit bouddha. L'accumulation de centaines de petits bouddhas vaut le coup d'œil.







Après avoir bouclé une nouvelle fois nos valises, nous avons rejoint la gare routière au terme de cinquante minutes de métro. Regarder les gens dans le métro est toujours instructif. Récemment, toute une rangée de voyageurs, sans exception, avait le nez plongé dans leur "smartphone". Un vrai conditionnement ! Il y a aussi des scènes insolites. Comme Français, nous sommes plutôt habitués à voir débarquer dans une rame un musicien qui, après avoir interprété trois notes entre deux stations, tend une sébile, ou bien à être harangués par un chômeur qui en appelle à la générosité des voyageurs. Ce matin, nous avons vu un homme avec chemise et cravate tirant un caddy qui s'est mis à s'adresser aux passagers en revêtant un k-way d'un beau mauve. En fait, c'était un VRP et son boniment lui a permis d'en placer un, exhumé de son caddy

C'est à peu près le même temps (50 minutes) qu'il a fallu à notre bus pour nous transporter à Gyeongju, où nous ferons étape trois jours. Cette ville passe pour être "un musée à ciel ouvert". C’est un site archéologique très riche. Capitale du royaume de Silla dès le début de notre ère sous les noms de Seorabeol (ou cité-Etat de Saro), puis, dès le IIIème siècle, de Geumseong, la "forteresse dorée", elle a atteint son apogée en 668, quand Silla unifia le pays (le sud de la péninsule du moins). C’était alors une capitale riche et brillante, peuplée d'un million d'habitants, dotée de palais et de temples magnifiques pour lesquels des centaines d’artisans travaillaient en permanence. L’aristocratie y menait une vie de plaisirs raffinée qui, malheureusement, se sclérosa et donna lieu à des révoltes et des sécessions qui eurent raison de ce royaume en 935, année de l’abdication du dernier roi. Pour beaucoup de Coréens, Silla unifié représente l’âge d’or de l’histoire du pays. Gyeongju va sombrer peu à peu dans l’oubli quand le fondateur de la nouvelle dynastie Goryeo, le roi Taejo, installe sa capitale à Kaesong. La ville est délaissée, ruinée, puis pillée par les Mongols et par les Japonais. C'est au XXème siècle que des fouilles et des travaux de restauration sont entrepris. A toute chose, malheur est bon. En interdisant aux habitants de construire des bâtiments élevés et en les obligeant même à respecter l’architecture traditionnelle, le dictateur Park Chung-hee a contribué à la préservation du site qu'arrose la rivière Hyeongsan-gang.

Nous nous sommes installés au N Motel ("Noblesse Motel") dans une chambre confortable dotée d'une salle de bain spacieuse et de vraies serviettes de bain (un triple luxe !), donnant sur le parc des tumulus de Noseo. Ces tertres immenses recouverts de pelouse, avec parfois un autel récent à leur pied, sont des tombes royales datant des IVème et Vème  siècles.

"Il y a dans la région de Gyeongju plus de 670 tombes datant de Silla. Parmi elles, il y a les tombes des 58 rois et reines de ce royaume, mais on n’a pu en identifier avec certitude que 2 : celles des rois Munmu et Heungdeok. Certains de ces tumulus ont été fouillés à partir des années 1920 par les Japonais, à la suite d’une découverte fortuite d’une magnifique couronne en or lors de la construction d’une maison. Ce quartier était recouvert d’habitations jusqu’en 1984 et les habitants ignoraient qu’ils dormaient sur des trésors antiques. Les fouilles n’ont repris qu’en 1974, mais la plupart des tumulus n’ont pas encore révélé leurs trésors. En effet, le système funéraire de Silla est tel qu’il est difficile de piller les tombes. Sous un tertre de terre, se trouve, en général, un autre tertre de pierres qui protège une chambre funéraire enterrée, de forme rectangulaire, construite en dalles de pierre sur lesquelles repose un cercueil de bois. Beaucoup des tombes de la région de Gyeongju respectent ce plan. Ce sont des tombes de rois, mais aussi de princes, de membres de la famille royale, de nobles et de hauts fonctionnaires. Ces sépultures sont de style différent selon les époques. Les tombes plus récentes, à partir du VIème siècle surtout, ont une structure qui annonce les tombes de Goryeo puis de Joseon".





Après avoir déjeuné à une heure très espagnole dans un restaurant japonais, Kisoya, d'un zaru soba (nouilles froides de sarrasin) avec des accompagnements plus ou moins épicés), et de tempuras (crevettes et légumes frits dans une pâte très légère), nous avons visité au centre-ville, le grand parc des tumulus, connu sous le nom de Tombes royales de Daeneungwon, qui contient une trentaine de tombes royales ou princières.


Il y a la tombe présumée du roi Muchi, le premier roi du clan Kim, qui repoussa les armées de Baekje. Elle daterait du IIIème siècle. Elle est entourée d’un mur et n’est accessible que lors des cérémonies. Une autre tombe remarquable est la tombe Hwangnamdaebun qui fait 23 m de haut et 250 m de circonférence, ce qui en fait la plus grande des tombes de Silla. C’est l’une des 10 tombes doubles en forme de courge où seraient enterrés des couples royaux ou un père et son fils. Cette tombe daterait de la fin du VIème siècle.

De la même époque date la tombe Cheonmachong, la plus célèbre de Gyeongju. Elle ne fait que 13 m de haut, mais on y a découvert un véritable trésor. Parmi la multitude d'objets enfermés avec le défunt, un panneau de bouleau sur lequel est peint un cheval volant a donné son nom à la tombe : "tombe du cheval céleste". Après sa fouille, la tombe a été reconstruite et aménagée pour que l’on puisse visiter l’intérieur. Une coupe permet de bien observer le mode de construction. Seules des copies des objets sont exposés, les originaux étant conservés au musée national de Gyeongju que nous prévoyons de visiter.

Nous avons expérimenté, ce soir, dans un restaurant proche du parc, le "Silla Ssambap", une farandole de petits plats, à consommer enveloppés dans des feuilles de salade ou de chou cuit, que nous avons arrosés de "vin de riz".




25 avril (Busan)

Nous avons eu un peu de mal à nous mettre en route ce matin. Nous sommes sortis un peu avant 11 heures et avons commencé par faire quelques pas le long du rivage. L'Office du tourisme en bord de mer présente, entre autres, deux photos très instructives : Haeundae en 1960 - et là nous n'avons que les yeux pour pleurer sur le sort d'une belle plage condamnée par le boom immobilier - et Haeundae l'été, en juillet/août, et là c'est une vision apocalyptique d'une plage où il n'y a plus un m² de libre, ni sur le sable ni dans l'eau... A fuir !


    en 1960

    l'été...

    les immeubles qui bordent la plage !

    la sécurité sur la plage est entre bonnes mains...

Nous nous sommes ensuite rendus en métro dans le quartier de Nam-gu. Sur une place à grande circulation se dresse un monument érigé en souvenir de l'engagement des forces des Nations-Unies aux côtés des forces sud-coréennes pour répondre à l'invasion des forces nord-coréennes le 25 juin 1950.


A proximité, nous avons visité le Cimetière mémorial des Nations-Unies. Unique au monde, il est aujourd'hui complètement inséré dans le tissu urbain. Là sont enterrés 2 300 militaires ayant appartenu à l'UNMCK : 885 Britanniques, 462 Turcs, 378 Canadiens, 281 Australiens 117 Néerlandais, 44 Français, 36 Américains, 34 Néo-Zélandais, 11 Sud-Africains, 1 Norvégien, auxquels s'ajoutent 36 Coréens, 11 morts originaires d'Etats "non belligérents" et 4 inconnus (?). Le plus jeune mort est un Australien qui avait 17 ans, un certain Daunt. Tous les pays engagés ne sont pas représentés. Ils étaient en fait 16 à avoir déployé des forces sur le terrain [Etats-Unis, Royaume Uni, Turquie, Canada, Australie, France, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Colombie, Grèce, Thaïlande, Ethiopie, Philippines, Belgique, Luxembourg] et 5 à avoir apporté un soutien médical [Norvège, Danemark, Inde, Italie, Suède]. De nombreux corps - et notamment tous les Américains - ont été rapatriés dans les pays d'origine. Les pertes des forces onusiennes sont en fait de 40 895 hommes.


    devant le mur où sont gravés les noms des 40 895 soldats des NU tués


Le bataillon d'infanterie français a compté 3 760 hommes sur trois ans aux ordres du Général Monclar jusqu'en 1951. Il a reçu l'appui d'un aviso de la Marine nationale, le "La Grandière" (qui a reçu des missions de transport et d'escorte entre le Japon et Busan). Avec 270 tués, la France a le taux de pertes le plus élevé des pays engagés (hors Corée bien sûr). Nous nous sommes attardés au carré français et devant le Mur du Souvenir sur lequel sont gravés tous les noms des tués. La plupart avaient 19 ou 20 ans.


Le conflit aurait fait plus de 800 000 tués parmi les militaires coréens, nordistes et sudistes, probablement autant parmi les militaires chinois. Le nombre de victimes civiles est estimé à 2 millions et 3 millions de réfugiés. La péninsule a été dévastée par les combats et les bombardements. Séoul a été détruite à plus de 70 %. Cette visite mémorielle a été l'occasion pour nous de nous replonger dans l'histoire d'un conflit dramatique qui a mené le monde au bord d'une 3ème Guerre mondiale et dont on parle peu en France...

Après avoir déjeuné d'un rafraîchissant plat de nouilles froides, nous avons visité le Musée municipal de Busan. Il présente, comme d'autres musées déjà vus, des décors reproduisant des scènes de la vie quotidiennes encore d'actualité au début du XXème siècle, et des objets domestiques et artistiques. Il insiste sur le rôle central de la ville dans les relations chaotiques entre la Corée et le Japon. Le Japon n'est en effet distant que de 200 kms. Il évoque aussi en détail le sort particulier de Busan pendant la guerre. La ville de 400 000 habitants dut faire face à l'afflux de 700 000 réfugiés ! 


    la forteresse de Busan sous l'assaut des Japonais lors de l'une des nombreuses invasions

Nous avons voulu voir de près le Grand Pont Gwangan. Pris dans un dédale de rues, nous avons mis un certain temps pour y parvenir (!), mais l'infrastructure qui relie les arrondissements de Nam-gu et Haeundae-gu est impressionnante. Par la même occasion, nous avons jeté un coup d'œil sur l'autre grande plage de Busan, la plage de Gwangalli.



Nous avons dîné dans le quartier de l'hôtel d'un riz aux produits de la mer. Le soir, la promenade le long du rivage est un endroit prisé. Elle est livrée, de cent mètres en cent mètres, pour ne pas se gêner, à des jeunes chanteurs qui, guitare en main avec un micro et une sono portative, interprètent leur répertoire devant un public clairsemé (au moins à cette époque de l'année !).

samedi 26 avril 2014

24 avril (Busan - temple de Tongdosa - temple de Beomeosa - forteresse de Geumjeong)

Un trajet en bus de 48 km (dixit le ticket toujours très précis !) en direction du nord de Busan et une marche de deux kilomètres sur un chemin large et plat, ponctué tous les cent mètres environ, de lanternes en pierre et tracé à travers une forêt de pins majestueux et de rochers gravés de textes religieux, nous ont menés jusqu'au temple de Tongdosa.



    la relève est en marche...


Nous avons bien sûr retrouvé la conception générale des temples bouddhistes de la Corée qui n'a plus de secret pour nous. "Entrer dans un temple coréen représente davantage qu’effectuer une promenade ou un pèlerinage, c’est entreprendre le chemin initiatique qui mène à l’Eveil. La géomancie a souvent décidé du site, au milieu de montagnes aux formes propices. Un torrent doit aussi couler, que l’on traverse de manière symbolique, l’enseignement du Bouddha représentant le radeau qui permet de passer sur "l’autre rive". Une première porte, Iljulmun, la porte à un seul pilier", chef-d’oeuvre architectural qui ne compte que deux piliers sur une seule rangée, symbolise l’unification de l’esprit et du corps du pèlerin, qui en pénétrant dans cette enceinte commence à se détacher de la dualité. Son cœur devient ferme comme la Vérité du bouddhisme qui supporte le monde, comme cet unique pilier. Cette porte est parfois remplacée par une Haetalmun ou "porte du détachement", qui représente la distance prise par le bouddhiste par rapport aux liens du désir. Vient ensuite une autre porte, Cheonwangmun, "la porte des rois du Ciel". Elle abrite quatre divinités effrayantes, héritées de l’hindouisme, qui gardent les quatre directions cardinales du temple des mauvais esprits. On passe ensuite plus haut la "porte de la non-dualité" ou Bul-imun, qui représente l’état d’Eveil quand il n’y a plus ni moi ni toi, ni objet ni sujet".



Il y a souvent un premier hall où ont lieu sermons, cours et méditations : "l’étude du Dharma ou au moins la pratique de la méditation sont un passage obligé vers l’état de bouddha". Il faut passer par ce hall pour accéder au hall principal. Sur le côté de la cour se trouve un beffroi, souvent sur pilotis, abritant les quatre instruments qui rythment la vie des moines : une grande cloche de bronze, un gong en métal, un immense tambour et un poisson de bois dont le ventre a été creusé. Ce dernier représente le sage, car cet animal ne dort jamais.



Au fond se trouve le hall principal dédié à l’un des bouddhas. Son nom varie selon celui qui l’habite. S’il est dédié à Sakyamuni, le Bouddha historique, il s’appelle Daeungjeon. Si le temple abrite des reliques du Bouddha, ce hall ne contient pas de statue. A l’avant, une lanterne et un stupa de pierre à plusieurs étages en nombre impair : 3, 5, 7, etc. qu’on appelle parfois "pagode", mot ambigu qui sert à désigner en Asie un bâtiment religieux ou laïque à plusieurs étages. En coréen, on dit tap ou "tour". Il contient des reliques de "saints", des écritures sacrées ou d’autres objets.


Autour de cette aire centrale, dans des cours fermées, sont disposés des bâtiments en général fermés au public : dortoirs, cuisines, salles d’études, bibliothèque, tous les édifices de la vie monastique. Derrière ou autour du hall principal, des halls secondaires, qui sont souvent l’objet d’un culte populaire important. Kwan-eumjeon est celui dédié au bodhisattva de la compassion, Kwanse-eum ou Avalokitésvara. Jijangjeon est dédié à Jijang (Ksitigarbha), le bodhisattva qui intercède auprès des dix rois ou juges du monde inférieur pour sauver les âmes des "damnés". Nahanjeon est dédié aux seize disciples éveillés du Bouddha historique ou Arhats. Le Samsingak accueille trois divinités de la religion autochtone coréenne (shamanisme), comme l’Esprit de la montagne ou Sansin (représenté avec un tigre). Avant d’arriver dans l’enceinte du temple et parfois même à l’intérieur de celle-ci, on trouve encore des sari budo ou reliquaires des maîtres qui ont fréquenté le temple. Ce sont en général des monuments de pierre sculptée en forme d’olive ou d’oeuf. Ils contiennent les cendres des maîtres.

Tout cela semble très complexe, mais donne lieu à une dévotion étonnante dont la manifestation la plus marquante, en dehors des "offices" consiste à se prosterner cent deux fois d'affilée (le mouvement complet part de la position debout pour se terminer à genou, le dos rond et le visage contre le sol : une réelle épreuve physique !).


Malgré cette structure commune, chaque temple mérite une visite car les décorations (peintures des boiseries intérieures et extérieures, sculptures, forme des bâtiments, ornements de pierre, et beauté d’un site) varient à chaque fois. 








En ce qui concerne Tongdosa, monastère zen fondé en 646 sous le règne de la reine Seondeok de Silla, par le moine Jajang qui ramena de Chine, où il était allé étudier, des reliques du Bouddha historique (os, dents, morceaux de robe, bol servant à mendier), les principales caractéristiques sont le grand nombre des bâtiments (52, auxquels s'ajoutent 13 ermitages dans les montagnes voisinnes), une "plate-forme du diamant" (Vajra), où se trouve le Seokga Saritap qui contient les reliques les plus sacrées et sur lequel doivent déambuler les pèlerins en prière, l'importance de la communauté monastique (près de 200 moines y vivent, ce qui en fait un centre très actif de méditation de la secte Jogye). Nous avons passé un long moment à admirer l'architecture d'ensemble et les détails des peintures. 

    ce stupa abriterait une relique du Bouddha historique (bol de mendiant utilisé pour recueillir la nourriture) 

    plateforme du diamant contenant la relique principale (morceau du crâne)

Nous avons déjeuné (gracieusement) au réfectoire d'un bibimbap - végétarien bien entendu - dont les ingrédients sont préparés dans de grands récipients dans lesquels chacun vient se servir avant de faire sa vaisselle.
    
    plats offerts aux pélerins (avec du riz cela devient un bibimbap...)

C'est après, en visitant le musée, que j'ai appris le "benedicite" que le moine bouddhiste récite avant de prendre un repas. En substance, sa prière tourne autour de cinq points : "D'où vient cette nourriture ? Je ne la mérite pas. Je fais de mon mieux pour ne pas me montrer envieux. Je considère cette nourriture comme nécessaire à ma santé. Je prends ce repas pour entrer dans le nirvana".

    "arhat" en bois exposé au petit musée du temple (en fait c'est Christian repus sur le chemin du Nirvana)

A l'arrivée sur Busan, nous nous sommes arrêtés pour voir (rapidement car il était en chantier) le temple Beomeosa. Fondé en 678 par un moine célèbre, Uisang, il devint un centre de la secte Hwaeom ("de la Guirlande de fleurs") que le moine avait introduite de Chine. Le temple prospéra jusqu’à ce que les Japonais le brûlent en 1592. Il fut reconstruit en 1602, mais rebrûla. Il fut à nouveau reconstruit en 1614, et le hall principal et Iljulmun dateraient de cette époque. Aujourd'hui, c'est un centre actif de méditation zen (seon en coréen).










Dès que l’on quitte le temple, on entre dans une étrange forêt qui a poussé sur d’énormes rochers. Un sentier bien balisé grimpe dans les rochers et mène en quarante minutes, au prix d'une marche pénible car il faut prendre garde à chaque instant de ne pas se tordre une cheville, à la porte Nord de la forteresse de la montagne Geumjeong. C’est la plus grande forteresse de Corée. Son mur fait 17 km de long autour de la montagne Geumjeongsan (790 m). Elle a été construite entre 1703 et 1807. Ses quatre grandes portes ont été restaurées. La vue sur la chaîne des montagnes densément boisées récompense de l'effort fourni. Vu l'heure et mon état de fatigue, nous n'avons pas entrepris de faire le tour des fortifications.



Nous avons retrouvé l'hôtel peu avant 20 heures et avons dîné non loin dans un restaurant… indien !