lundi 17 mars 2014

15 mars (Okinawa, Naha)

Ce matin j'ai quitté Kyoto pour Osaka d'où j'ai pris un vol pour Naha, ville principale de l'ile d'Okinawa, la plus grande des iles Ryukyu parmi lesquelles je vais voyager pendant presque trois semaines. J'étais le seul européen dans ce vol pourtant bondé.

Après Naha, je me rendrai dans les îles Kérama, Kumejima, Miyako, Ishigaki et quelques unes de ses voisines. Ce périple me conduira à la limite sud du Japon, tout près de Taiwan en fait. 


L'ile d'Okinawa est célèbre pour la féroce bataille qui s'y est livrée à la fin de la seconde guerre mondiale. L'ile avait alors été presque complètement rasée. Difficile de s'imaginer ce niveau de destruction quand, à la sortie de l'aéroport, on emprunte le monorail devenu l'emblème de la ville, qui sillonne entre les immeubles modernes.



Après m'être installé à l'hôtel, je me suis lancé à la découverte de l'ancien château du royaume Ryukyu, état indépendant qui n'a été rattaché au Japon qu'en 1879. Ce royaume établi en 1429 à partir de petits royaumes a prospéré pendant 450 ans en servant de plaque tournante et de lieu d'échanges entre la Chine, l'Asie du Sud-Est (actuelles Philippines notamment) et le Japon. Les relations étaient beaucoup plus fortes avec la Chine qu'avec le Japon (l'Empire chinois assurait d'ailleurs la protection de ce petit royaume), et cette influence chinoise se fait encore fortement sentir aujourd'hui. 

Du château, inscrit par l'Unesco au patrimoine de l'humanité, on ne peut voir aujourd'hui qu'une copie à l'identique (remarquablement exécutée au demeurant), le château d'origine ayant été entièrement détruit pendant les bombardements de l'ile.
















Le château abritait, jusqu'en 1945, une impressionnante galerie de portaits des monarques Ryukyu. Tous ces trésors ont disparu pendant la guerre et il ne reste aujourd'hui pour s'en faire une idée que des photos en noir et blanc prises peu avant guerre...Je m'imagine ce peut réprésenter pour la population d'Okinawa la perte de ce qui les rattachait à un passé glorieux.
 

La culture Ryukyu était très différente de la culture japonaise qui prévaut aujourd'hui. Le Royaume avait sa propre langue qui n'est plus parlée aujourd'hui que par un nombre très limité de vieilles personnes. L'habillement avait aussi ses spécificités comme en témoignent cette peinture mais aussi les gardes qui surveillent le château, vêtus de la tenue traditionnelle. 





Le chapeau traditionnel permettrait en fonction de sa couleur de distinguer la fonction et le rang des uns et des autres.   

    reconstitution d'une cérémonie à l'occasion de la visite d'un dignitaire chinois 


Si la majorité des éléments de décoration est clairement d'inspiration chinoise, d'autres font plutôt penser à l'Indonésie ou à la Mélanésie...

A proximité du chateau se trouve le mausolée royal, le Tama-u-dun, lui aussi inscrit au patrimoine de l'humanité par l'Unesco. Ce mausolée a été mis en place en 1501. Lui aussi très abimé par les bombardements de 1945, le site a fait l'objet d'une rénovation plutôt réussie.




Plusieurs salles / caves abritaient les urnes funéraires des monarques et des membres de leurs familles.




L'ambiance de Naha est déjà un peu tropicale et j'apprécie, après le froid de Kyoto, de pouvoir me promener en chemisette, les odeurs et le chant des oiseaux, la nature exubérante...


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